Une bouffée d’air frais pour les réfugiés au Rwanda

Vincenza Ferrigno
01 mars 2018
La Belgique contribuera à améliorer les conditions de vie de milliers de réfugiés du camp rwandais Kigeme. Pour ce camp, en grande difficulté et entièrement dépendant de l’aide humanitaire, le soutien belge n’aurait pas pu arriver à un meilleur moment.

 

Une bouffée d’air frais, mais surtout propre

Dans le camp rwandais Kigeme qui accueille 19.000 réfugiés Congolais, approximativement 3.500 familles, il manque beaucoup de choses, surtout des biens de première nécessité. Parmi les choses indispensables et en pénurie, il faut certainement citer la nourriture mais aussi le bois de chauffe, le combustible le plus couramment utilisé pour cuisiner. Cependant, le bois de chauffe est particulièrement nocif pour la planète et pour les réfugiés. En effet, non seulement il amplifie le phénomène de déforestation, mais il émet aussi un fumée qui pollue l’environnement et qui met en danger la santé des réfugiés.

En outre, le bois de chauffe est aussi source de conflits et disputes, de préoccupations et de sérieux problèmes de santé (irritation aux yeux et problèmes respiratoires) pour les habitants du camp. Emerance Gikundiro qui vit dans le camp avec sa famille, donne un exemple concret : « Dans la tradition congolaise, c’est les jeunes filles qui doivent se charger de cueillir le bois, et quand elles vont en chercher, elles sont harcelées ou attaquées par les résidents des zones avoisinantes. » Une autre résidente, Beatrice Akimana, ajoute : « Chaque jour nous devons nous préoccuper d’avoir de quoi cuisiner le repas, et puis il faut nous préoccuper pour le repas suivant. Parfois, il nous faut sauter un repas parce que nous n’avons pas assez de bois ! ».

Toutes ces difficultés sont de vrais obstacles dans la vie de tous les jours et un vrai péril pour les résidents. C’est pourquoi la Belgique a décidé de s’investir, en fonds et en projets, pour permettre à ces réfugiés de vivre dans des meilleures conditions de vie tout en participant au développement durable. Pour ce faire, la Belgique, en collaboration avec l’UNHCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) et Inyenyeri (une entreprise privé rwandaise), lancera un projet pilote dans le camp rwandais pour remplacer le bois de chauffe, dont la pollution fait 4 millions de victimes tous les ans, avec une alternative plus sûre et durable, les pellets de bois.

Les émissions toxiques auxquelles étaient exposés femmes et enfants ont été réduites de 98% et la biomasse nécessaire pour cuisiner a également été réduite de 80-90%.

Déjà mis en place pour une centaine de familles du camp Kigeme en 2016, notamment par l’entreprise Inyenyeri et UNHCR, le passage aux pellets et à leurs petits fourneaux semble être une solution particulièrement adaptée aux besoins des résidents qui en ont constaté l’efficacité. En effet, les résultats ont été plus que positifs : les émissions toxiques auxquelles étaient exposés femmes et enfants ont été réduites de 98% et la biomasse nécessaire pour cuisiner a également été réduite de 80-90%. Autrement dit, moins de dioxyde de carbone (CO2) émis, mais aussi moins de déforestation puisque moins de bois est utilisé. Et ce n’est pas tout, outre le fait que les pellets peuvent être achetés mensuellement, écartant ainsi le danger d’harcèlement ou agression pour les jeunes filles, ils sont également produits sur le sol rwandais, ce qui offre aux réfugiés l’opportunité de trouver du travail dans la chaine de production ou de distribution. C’est pour cette raison que la Belgique souhaiterait étendre ce projet non pas à un petit groupe de réfugiés mais à l’ensemble du camp en 2018.

Rwanda fours

 

Une assistance alimentaire indispensable

Mais la contribution belge ne s’arrête pas là. Outre cette contribution d’un demi-million d’euros à l’UNHCR pour ce projet autour des pellets de bois, la Belgique a également fait don d’un million d’euros au Programme Alimentaire Mondial (PAM) qui fournira une aide alimentaire aux réfugiés. Cette contribution arrive à un moment particulièrement opportun pour le camp qui connait de fortes réductions des rations alimentaires en raison de l’insuffisance de dons, 10% en novembre et 25% en décembre. Etant entièrement dépendant de l’aide humanitaire pour subvenir à ses besoins fondamentaux, les rations alimentaires des réfugiés risquent de continuer à être réduites tant que n’arriveront pas d’autres contributions.

Le soutien belge est donc une bouffée d’air frais pour le camp et pour les organisations qui lui portent secours. Cet argent a par exemple permis au PAM d’acheter du maïs et des haricots pour les réfugiés burundais du camps et de distribuer des compensations liquides aux réfugiés congolais pour qu’ils puissent se servir dans les marchés locaux. Mais cette contribution a surtout aidé le PAM à fournir des aliments composés enrichis aux personnes les plus fragilisées et nécessitant une alimentation particulière, et à distribuer plus de nourriture aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants en dessous des cinq ans et aux personnes sous traitement pour le SIDA ou pour la tuberculose.

Pour Jean-Pierre Margerie (Directeur de pays au PAM), le soutien de la Belgique a été indispensable pour subvenir aux besoins de ces réfugiés et le PAM est reconnaissant de son engagement continu envers le Rwanda et tous les autres pays dans le monde.

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